AFOCG

Publié le 15 juillet 2026

Face aux mutations rapides qui touchent les campagnes de Vendée et du Maine-et-Loire, l’Afocg reste guidée par une conviction forte : l’avenir de l’agriculture repose d’abord sur celles et ceux qui la font vivre chaque jour. Entre transition agroécologique, essor des nouvelles technologies et renouvellement des générations, notre association poursuit la même ambition : aider les agriculteurs à mieux piloter leur entreprise, à sécuriser leurs choix stratégiques et à trouver un équilibre durable dans leur vie quotidienne.
Le rapport de B. Dedieu et G. Chauvat, « Les enjeux du travail et de l’emploi en agriculture à l’horizon 2030 », rejoint pleinement les constats que nous faisons auprès de nos adhérents. L’agriculture connaît aujourd’hui des transformations profondes. Derrière la baisse du nombre d’exploitations, le vieillissement de la profession ou l’agrandissement des structures, c’est toute une réalité humaine qui évolue. Les difficultés de recrutement et la perte de repères parfois ressentie ne relèvent pas seulement de questions techniques : elles rappellent la nécessité de placer les conditions de travail et la qualité de vie au même niveau que la performance technico-économique des exploitations.
Pour l’Afocg, la distinction méthodologique proposée par les auteurs offre un cadre de lecture particulièrement utile. Elle s’inscrit pleinement dans notre vision globale de l’exploitation, où la performance économique doit avant tout soutenir un projet de vie choisi :
– Le travail : l’activité concrète, organisationnelle et opérationnelle qui structure le quotidien.
– Le métier : l’identité professionnelle, les compétences, les valeurs partagées et l’ancrage territorial des productions.
– L’emploi : le cadre réglementaire, le statut, les relations contractuelles et la rémunération qui sécurisent le collectif ou la famille.
Aujourd’hui, les attentes de la société et la fragilité des revenus viennent parfois déséquilibrer cet ensemble. Quand la rentabilité devient incertaine et que les contraintes réglementaires s’intensifient, la charge de travail et la charge mentale peuvent devenir difficiles à supporter.
À l’Afocg, notre mission est d’aider chaque agriculteur à anticiper ces situations. Par une démarche fondée sur l’écoute et l’accompagnement, sans solutions standardisées, nous donnons à chacun les moyens d’analyser son exploitation, de mesurer ses marges de manoeuvre et de rester pleinement acteur de ses décisions.
En Vendée et en Maine-et-Loire, les exploitations évoluent rapidement : diversification des formes sociétaires, recours accru au salariat permanent et développement des circuits de proximité. Les profils des porteurs de projet se transforment eux aussi. L’arrivée de personnes non issues du milieu agricole (NIMA) ouvre de nouvelles perspectives et invite à repenser les modalités de transmission. Dans le même temps, la place des femmes s’affirme, avec un besoin de reconnaissance pleine et entière de leur rôle, de leur statut et de leur participation aux choix stratégiques.
Dans ce contexte, la numérisation et la robotisation apparaissent comme des leviers prometteurs. Si elles peuvent réduire la pénibilité physique, elles exigent aussi une vigilance particulière face à la hausse possible de la charge mentale et aux investissements qu’elles impliquent. L’enjeu est de faire de la technologie un appui à la décision, sans diminuer l’autonomie de l’exploitant. La transition agroécologique suit la même logique : elle répond aux attentes environnementales, transforme l’organisation du travail et demande davantage de compétences agronomiques. Elle peut, au départ, accroître le temps de travail, mais elle constitue aussi une opportunité pour renforcer l’autonomie technique des fermes et valoriser les savoir-faire agricoles.
L’attractivité de l’agriculture à l’horizon 2030-2035 dépendra de notre capacité collective à offrir un cadre de vie de qualité, qui protège la santé, préserve l’autonomie de décision et assure la viabilité économique des exploitations. Les politiques agricoles comme les formations financées par VIVEA doivent donc s’ajuster aux réalités actuelles tout en préparant l’avenir.
Accompagner, avec pragmatisme et objectivité, la diversité des modèles économiques et agronomiques en gardant l’agriculteur au coeur des décisions de gestion : c’est ainsi que nous préserverons la solidité sociale, humaine et économique de notre agriculture.